Saturday, November 01, 2008

Préservatifs à talons aiguilles

- Un peu perverse.
- Moi ?
- Et tu gâches tout.
- Je croyais que tu aimais.
- Oui j’aime.
- Alors, qui est pervers ?
- Touche.
Il lui prit la main et la guida sur le parquet. « Ca m’a coûté une fortune, dit-il.
- Très beau.
- Mais tu les sens ?
- Quoi ?
- Les trous, des trous partout.
- Intéressant.
- Tu sais comment ils sont arrivés là ?
- Comment ?
Son regard alla vers les souliers à talons aiguilles qui traînaient par terre.
- Mais je croyais que ça te plaisait ?
- Ca me plait.
- Et tu me dis toujours : ‘Enlève les’.
- C’est vrai ?
Elle lui caressa la clavicule. « Tu dis toujours, enlève les.
- C’est vrai.
Elle entrait dans la pièce et il lui disait de les enlever. Elle déboutonnait son chemisier, laissait tomber sa jupe et nue, et en talons aiguilles, s’approchait de lui et, et bon, qui pouvait résister? Mais son parquet, lui, souffrait.

Le parquet souffre
Le parquet ?
Tes talons aiguilles.
Elle passa les doigts sur les marques du plancher. «C’est donc un choix entre moi et le parquet?»

Elle ne vint de toute une semaine. Il l’appela. « Je suis occupée, dit elle.
- Tu me manques.
- Et le parquet ?
- Je t’aime.
- En talons aiguilles ?
- Oui.
- Et le parquet ?
- De nouvelles marques, je suppose.
Il ouvrit la porte. « Enlève les » dit-il, « Enlève tes vêtements. »
Souriante, elle lui mit deux petites choses en laine dans la main et commença à se déshabiller. Il glissa une des petites choses sur un doigt, l’autre sur son pouce. Nue, elle leva un pied chaussé de talon aiguille.
- Mets le.
Il sourit. « L’autre maintenant »
- Je t’aime, dit-il, parcourant d’un air approbateur son corps nu, jusqu’aux talons aiguilles habillés de feutrine.
- Des préservatifs, dit-elle, pour le parquet.

Traduction: Marianne Camus
Original: Stiletto Condoms

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