Kugel Mozart
Quand il était petit garçon, enfant prodige, sa mère le tentait avec des copeaux de chocolat. « Je veux jouer, disait-il.
- Mais tu joues mon chéri, reste au piano.
- Jouer dehors, je veux dire.
- Tiens, voilà encore un peu de chocolat. »
Sa mère eut le dernier mot. Il joua à la cour, composa des symphonies, des concertos, des opéras et des canons.
« Qu’est-ce que tu joues ?
- Lèche moi le cul.
- Ne sois pas vulgaire.
- C’est un canon à six voix en si bémol majeur. C’est pour une soirée chez les copains.
- Wolfgang !
- Tu as dit que je devais jouer. »
Quand il se traînait par terre et faisait des remarques grossières, Salzbourg se déclara outragé, ou peut-être était-ce le contraire. Alors il partit pour Paris. Il n’y trouva pas de travail et revint, penaud, dans sa ville natale, tout en sachant que c’était fini, qu’il devait s’en aller. Il bidouillait sa musique, signe certain de son génie et se soûlait bêtement, comme ça, pour rigoler. Puis il partit pour Vienne, la ville qui le sauva. Alors il lui donna ce qu’il y avait de mieux en lui : des concerts pour piano et des opéras, du Figaro au sérail.
Mais pendant ce temps l’infection attendait en coulisses. Quand elle frappa, il lui fit encore un pied de nez et concentra toutes ses forces dans La flûte enchantée. Son requiem, pourtant, resta inachevé.
Aujourd’hui, ils le considèrent comme leur fils. Ils accueillent des musiciens punk. Pendant une année entière, en son honneur, ils installèrent des cabines téléphoniques dans la ville, pour appeler Mozart !
Icône immensément rentable, il a toujours les cheveux longs. Ca a bien marché, il est immortel maintenant. Il mourut jeune comme tous ceux qui sont dévorés de passion; mais dans les grandes rues de Vienne aujourd’hui, partout on vend ses couilles. Elles sont en chocolat noir, remplie de massepain vert, et son visage vous sourit quand vous enlevez le papier doré qui les emballe.
Berce moi, Amadeus le rockeur !
Traduction: Marianne Camus
Original: Mozartkugel
- Mais tu joues mon chéri, reste au piano.
- Jouer dehors, je veux dire.
- Tiens, voilà encore un peu de chocolat. »
Sa mère eut le dernier mot. Il joua à la cour, composa des symphonies, des concertos, des opéras et des canons.
« Qu’est-ce que tu joues ?
- Lèche moi le cul.
- Ne sois pas vulgaire.
- C’est un canon à six voix en si bémol majeur. C’est pour une soirée chez les copains.
- Wolfgang !
- Tu as dit que je devais jouer. »
Quand il se traînait par terre et faisait des remarques grossières, Salzbourg se déclara outragé, ou peut-être était-ce le contraire. Alors il partit pour Paris. Il n’y trouva pas de travail et revint, penaud, dans sa ville natale, tout en sachant que c’était fini, qu’il devait s’en aller. Il bidouillait sa musique, signe certain de son génie et se soûlait bêtement, comme ça, pour rigoler. Puis il partit pour Vienne, la ville qui le sauva. Alors il lui donna ce qu’il y avait de mieux en lui : des concerts pour piano et des opéras, du Figaro au sérail.
Mais pendant ce temps l’infection attendait en coulisses. Quand elle frappa, il lui fit encore un pied de nez et concentra toutes ses forces dans La flûte enchantée. Son requiem, pourtant, resta inachevé.
Aujourd’hui, ils le considèrent comme leur fils. Ils accueillent des musiciens punk. Pendant une année entière, en son honneur, ils installèrent des cabines téléphoniques dans la ville, pour appeler Mozart !
Icône immensément rentable, il a toujours les cheveux longs. Ca a bien marché, il est immortel maintenant. Il mourut jeune comme tous ceux qui sont dévorés de passion; mais dans les grandes rues de Vienne aujourd’hui, partout on vend ses couilles. Elles sont en chocolat noir, remplie de massepain vert, et son visage vous sourit quand vous enlevez le papier doré qui les emballe.
Berce moi, Amadeus le rockeur !
Traduction: Marianne Camus
Original: Mozartkugel
Labels: Merc's Shorties in French


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